La cave du Dr Orlof

Notes en vrac

samedi, octobre 27, 2018

La (première) sélection du prix Goncourt


Ce ne fut pas une mince gageure que de me lancer dans la lecture frénétique des quinze romans sélectionnés pour la première liste du Prix Goncourt. C’est désormais chose faite (en moins de deux mois) et je vous propose moins un panorama critique (qui serait un peu fastidieux) qu’un compte-rendu très subjectif de ce marathon.



1-    Leurs enfants après eux (2018) de Nicolas Mathieu (Actes Sud, 2018) **** 

 Le livre débute comme une traditionnelle chronique adolescente. Le temps d’un été brûlant en 1992, quelques adolescents trompent leur ennui entre drague et fiestas. Quelques figures émergent et l’auteur brosse à travers ces personnages, ces familles et leurs conflits un tableau incisif d’un monde en pleine mutation. Il y a chez Mathieu un côté « Dumont lorrain » (le Dumont de La Vie de Jésus) dans cette manière de montrer les ravages de la désindustrialisation et du chômage chez les « gens de peu ». En suivant les destinées de ces individus sur 4 étés (viendront ensuite 1994, 1996 et 1998), le romancier donne une ampleur considérable à sa fresque et parvient à montrer avec beaucoup de finesse comment le destin de gamins pourtant proches va bifurquer selon leurs connaissances ou non des codes sociaux et scolaires. Ce tableau d’un monde de transition (entre la chute du mur de Berlin, l’effondrement du bloc communiste et l’attentat contre le World Trade Center) est à la fois extrêmement subtil et d’une intensité jamais démentie.        

2- Hôtel Waldheim (2018) de François Vallejo (Viviane Hamy, 2018) *** 

Le récit débute comme un thriller. Le narrateur reçoit de mystérieuses cartes postales faisant allusion à une période de son adolescence où il fréquentait, en compagnie de sa tante, l’hôtel Waldheim de Davos en Suisse. Petit à petit, il réalise qu’il a peut-être été le pion involontaire d’une partie d’échecs où s’affrontaient le bloc de l’Ouest et de l’Est au temps de la guerre froide. Outre sa construction remarquable, le livre séduit par sa manière de jouer sur les différences de points de vue. Une parole a priori anodine dans la bouche du narrateur est alors disséquée à l’aune d’un drame historique. Comme dans un « jeu de go » (et il est souvent question de ce jeu dans le roman), chaque déplacement, chaque mouvement remet en cause tout l’équilibre de l’ensemble et révèle la complexité du réel. 

3-   Quand Dieu boxait en amateur (2018) de Guy Boley (Grasset, 2018) *** 
 
Pour être tout à fait franc, c’était au départ le roman qui me plaisait le moins de la sélection. Guy Boley est un écrivain venu sur le tard après avoir été ouvrier. Je craignais alors un roman rugueux, fleurant bon le terroir et le verbe rocailleux d’antan. N’ayant par ailleurs aucune inclination pour la boxe et pour Dieu (doux euphémisme !), je redoutais le pire. Or il s’agit tout simplement d’un hommage très beau et souvent bouleversant à un père qui, par ses origines modestes, n’a jamais pu concrétiser réellement son goût pour l’art et le théâtre. C’est aussi la lettre d’un fils qui explique sans pathos– mais trop tard- à son père à quel point il l’a aimé. Et c’est très beau. 

4-    L’Hiver du mécontentement (2018) de Thomas B. Reverdy (Flammarion, 2018) ***
 
A travers le destin d’une jeune actrice montant avec sa troupe le Richard III de Shakespeare, l’auteur brosse un tableau assez percutant d’une Grande-Bretagne paralysée par les grèves de l’hiver 1978. De manière habile, Reverdy met en parallèle le mouvement de la fameuse pièce (qu’il dissèque intelligemment) avec la manière dont l’abjecte Maggie Thatcher s’apprêtait, elle aussi, à prendre le pouvoir. A travers ce conflit social, l’auteur parvient également à élargir son propos et à nous parler d’un monde libéralisé (économiquement parlant) dont nous ne sommes toujours pas, hélas, sortis… A cela s’ajoute l’importance de la musique (punk, new-wave…) qui donne un petit cachet « rock » à ce beau roman. 
    5- Maitres et esclaves (2018) de Paul Greveillac (Gallimard, 2018) *** 

Là aussi, l’auteur se plonge dans une période historique précise (la Chine maoïste, de la révolution culturelle à la répression place Tian’anmen) et nous narre la destinée d’un jeune homme qui deviendra le peintre officiel du régime. Le roman est dense, touffu et parcouru par un beau souffle romanesque. A travers ce récit, l’auteur nous offre également une belle méditation sur les rapports entre l’Art et le Pouvoir, sur la propagande (un sujet qu’il abordait déjà dans son précédent roman) et sur l’inaliénable liberté de penser et créer…

   6- Ça raconte Sarah (2018) de Pauline Delabroy-Allard (Minuit, 2018) ** 

L’histoire d’une passion amoureuse dévorante entre deux femmes. Le roman est souvent touchant et l’auteur parvient à rendre compte du sentiment amoureux avec un vrai talent (cette impression d’être constamment dans un tourbillon grisant, de ne plus jamais toucher terre…). La fin de la passion est mise en parallèle avec le développement d’une maladie qui corrobore l’intense sensation de perte. On pourra néanmoins regretter d’avoir parfois l’impression de lire une copie appliquée d’une élève (très) douée sortant de Khâgnes qui ne se prive pas de lorgner de côté de Duras ni de se livrer à quelques tics « modernistes » superflus (les « fiches techniques » des films vus ou livres lus par l’héroïne) 

   7- La Vraie Vie (2018) d’Adeline Dieudonné (L’iconoclaste, 2018) ** 

Un vrai talent d’écrivain, un style alerte et une manière assez habile de changer de registres (le drame sordide, la fantaisie, l’humour…) font qu’on lit ce roman sans le moindre déplaisir. Dommage que certains personnages soient un peu caricaturaux (le père, forcément monstrueux) et que certaines situations soient alourdies par une volonté de « dire » parfois trop voyante (le « mâle » assimilé d’emblée au « prédateur ») 

8-    Dix-sept ans (2018) d’Eric Fottorino (Gallimard, 2018) **

Alors que Guy Boley rend hommage à son père, Eric Fottorino se penche sur la jeunesse de sa mère. 17 ans, c’est l’âge auquel elle l’a eu et c’est également celui où elle fut séparée de celui qu’elle aimait, le père biologique de l’auteur. Pour Fottorino, il s’agit donc d’une autofiction en forme de roman introspectif afin de connaître ses origines et pour renouer un fil rompu entre lui et sa « petite maman ». L’écriture est sensible mais le roman est peut-être trop personnel pour parvenir à cette universalité qu’on attend de la littérature… 
  
    9- La Vérité sort de la bouche du cheval (2018) de Meryem Allaoui (Gallimard, 2018) ** 

 Meryem Allaoui suit les traces d’une prostituée à Casablanca dont le destin va se transformer en véritable conte de fée. Là encore, le style est plutôt enlevé et chaleureux. Le personnage principal est attachant mais on regrettera que le roman soit un peu conforme à ce que l’on attend d’un écrivain « issu de la diversité » (comme on dit en novlangue !) : des personnages exubérants, de la gouaille (du « clito » ?) et un côté un tantinet émollient. 

   10-  L’Evangile selon Youri (2018) de Tobie Nathan (Stock, 2018) **

Une fable qui imagine le retour d’une figure christique en la personne d’un petit « Rom » aux pouvoirs étonnants. Le roman joue la carte du syncrétisme et mêle ésotérisme, considérations politiques et psychanalyse. Pas désagréable mais l’ensemble fait un peu trop « littérature jeunesse » (au mauvais sens du terme : bons sentiments, côtés édifiants…) 

   11-   L’Ère des suspects (2018) de Gilles Martin-Chauffier (Grasset, 2018) **

Un fait-divers (la mort d’un adolescent en banlieue) donne lieu à un déploiement de points de vue (flics, familles, avocats, politiques…) et à la mise en place de la comédie du Pouvoir. L’auteur mène sa barque avec une certaine efficacité (assez « télévisuelle » puisqu’on songe à une série) et à coup d’aphorismes bien sentis nous fait partager des points de vue divergents. S’il se moque avec à-propos d’un certain « angélisme de gauche », on n’est pas obligé d’adhérer au « bon sens » droitard dont il fait parfois preuve. A renvoyer tout le monde dos-à-dos, l’auteur laisse transparaître un regard assez cynique un peu facile

     12-    Quatre-vingt-dix secondes (2018) de Daniel Picouly (Albin Michel, 2018) **

Picouly narre le récit mythique de l'éruption de la montagne Pelée qui fit 30.000 morts à Saint-Pierre de la Martinique en 1902. L’originalité du roman est que l’auteur épouse le point de vue du volcan et oppose ainsi l’immuabilité terrible de la Nature à la petitesse des passions humaines. Le style ampoulé et vieillot (« baroque » diront les lecteurs plus indulgents) de ce récit me laisse froid et je me suis un peu ennuyé. 

    13-    Frère d’âme (2018) de David Diop (Seuil, 2018) *

Un sujet fort -un tirailleur sénégalais pris dans l’enfer de la première guerre mondiale et obligé d’achever son meilleur ami pour éviter qu’il souffre- gâché à mon sens par un style incantatoire des plus convenus. On sent les intentions (mesurer l’horreur individuelle à l’aune des horreurs collectives) mais cette écriture de griot m’a laissé totalement en dehors du roman (au bout du 325ème « par la vérité de Dieu », j’ai capitulé !) 

     14- La Révolte (2018) de Clara Dupont-Monod (Stock, 2018) * 

Les « romans historiques » n’ont guère mes faveurs et je dois avouer que je ne suis pas entré une minute dans ce livre consacré à Aliénor d’Aquitaine et à la révolte qu’elle fomenta avec ses fils (dont Richard Cœur-de-Lion) contre son mari, le roi Henry II d’Angleterre. Trop allusif pour apprendre des choses, trop référencé pour n’être qu’un simple roman, le livre souffre par ailleurs d’un style melliflu qui empêche d’y adhérer.
  
    15- Les Malheurs du bas (2018) d’Inès Bayard (Albin Michel, 2018) o

Dès les premières pages, le lecteur est jeté dans l’eau du bain : l’héroïne empoisonne toute sa famille (son mari et son bébé). Quelques dizaines de pages plus loin, on comprend la raison de son geste : elle a été violée par son patron. Sujet grave qui aurait pu donner un livre intéressant en se concentrant exclusivement sur le point de vue de la victime voyant sa vie s’effondrer à partir de ce crime odieux. Inès Bayard aurait pu proposer une réflexion intéressante sur la manière dont un viol mine petit à petit tous les repères familiers et brise les vies. Sauf qu’elle quitte ce point de vue unique et prend des distances avec ce regard troublé afin de justifier l’injustifiable : à savoir une victime qui se change en bourreau (notamment pour son bébé qu’elle maltraite de façon atroce). Ce n’est plus alors un drame individuel mais une démonstration pesante visant à montrer que tous les hommes sont complices et potentiellement violeurs (le mari, pourtant aimable, est avocat et défend – bien évidemment- un homme accusé de viol). Le roman est à la fois d’une grande lourdeur et il est même détestable dans sa manière de faire un chantage à l’émotion constant pour justifier les pires gestes de l’héroïne (qui confesse qu’elle n’aurait pas voulu se débarrasser de son bébé si elle avait été une fille ! C’est donc la gente masculine qui est frappé du sceau de l’infamie dès sa naissance !)  

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lundi, juin 18, 2018

La tache


La Serpe (2017) de Philippe Jaenada (Julliard, 2017)


Lorsqu’il écrit De sang-froid, Truman Capote invente un nouveau type de roman basé sur des faits divers. Cette forme littéraire va se développer et prendre différents visages. Prenons, par exemple, le cas d’Alexandre Mathis (Les Fantômes de M. Bill, Allers sans retours) qui désosse les faits divers dont il s’inspire pour dresser des constats glaçants, tableaux objectifs jusqu’à la maniaquerie d’une époque révolue.
Depuis quelques temps, Philippe Jaenada s’est également coltiné à ce genre littéraire à part entière. Après Sulak et La Petite Femelle, il s’intéresse dans La Serpe à un triple meurtre ayant eu lieu dans le Périgord, précisément dans le château d’Escoire près de Périgueux. Un soir d’octobre 1941, un homme, sa sœur et la bonne ont été massacrés à coups de serpe. Tous les soupçons se tournent vers l’unique rescapé de la tuerie, Henri Girard, fils et neveu des défunts, homme au caractère tempétueux et de nature violente.
Il se trouve que ce Henri Girard deviendra par la suite un écrivain célèbre en publiant, sous le pseudonyme de Georges Arnaud, un véritable best-seller : Le Salaire de la peur, adapté au cinéma par Clouzot puis Friedkin.
Philippe Jaenada revient donc en détails sur cette « tache » dont il ne se sera jamais totalement lavé tout au long de son existence. La Serpe, c’est un peu une enquête à la Gaston Leroux : un triple meurtre, un seul rescapé qui n’a rien entendu et qui se comporte avec une froideur intrigante sur la scène du crime (il vient pourtant de perdre son père et sa tante), pas de traces d’effraction dans le château, pas de vol apparent ni de véritables mobiles… Tout accuse Henri qui héritera par la suite de la propriété familiale et qui pourra régler, grâce à la succession, ses nombreux problèmes (il est en phase de divorce et éconduit par la femme qu’il aime).
La construction du livre est vraiment très habile. Dans un premier temps, Jaenada dresse un portrait relativement succinct (quand même 140 pages) d’Henri Girard, de ses frasques de jeunesse, de sa carrière d’écrivain (et journaliste), de ses séjours à l’étranger (notamment en Amérique du Sud où il puisera son inspiration pour Le Salaire de la peur). Il revient ensuite, le plus précisément possible sur le fait divers à proprement parler, le retentissant procès et l’acquittement surprise de Girard grâce à son avocat Maurice Garçon, ancien ami de son père Georges. Au bout de presque 300 pages, il assomme le lecteur avec une révélation étonnante qui aurait pu, en quelque sorte, marquer la fin du livre. Mais ce n’est qu’un point de départ pour un démontage méthodique de toute l’affaire. Jaenada part sur les lieux du crime, écluse les archives municipales et désosse le fait divers en confrontant les témoignages, en éclusant les correspondances privées, les comptes rendus d’audience… Et c’est captivant ! En s’intéressant à ce drame, l’auteur nous fait pénétrer dans les arcanes de la justice, des éventuels intérêts particuliers et des réseaux d’influence qui peuvent entrer en jeu.
Mais La Serpe n’est évidemment pas qu’une saga judiciaire (même si cette dimension est passionnante). Quiconque connaît Jaenada depuis ses débuts (le merveilleux Chameau sauvage) n’a qu’une hâte : retrouver son style inimitable. Même s’il s’inspire de faits réels, l’auteur mène l’enquête à sa sauce et l’on retrouve avec plaisir son sens de la digression (ses interminables parenthèses qui font tout le sel de ses livres) et de l’observation désopilante. Détective amateur et désinvolte, il se met en scène avec beaucoup d’autodérision et de drôlerie, avec toujours une manière très maligne de retomber sur ses pieds. Un exemple entre mille : le livre débute sur les routes de France et par un voyant allumé qui inquiète le conducteur-narrateur. Ce petit ennui mécanique, qui nous vaudra de nombreuses remarques et réflexions hilarantes (« qui vient acheter un gant de cuisine dans une station-service de l’autoroute ? ») qu’il parviendra à mettre en parallèle avec les aventures des conducteurs du Salaire de la peur.
On aurait presque envie de citer tous les épisodes drôles du livre, qu’il s’agisse des réflexions sur les soutiens-gorge qu’on enlève (ou non) pour dormir) ou une escapade dans un restaurant chinois de Périgueux où la patronne tend la carte à l’auteur « avec le sourire d’une femme dont les trois enfants en bas âge viennent d’être écrasés par un tracteur. »
En ne se départant jamais de son sens de l’humour et en creusant au plus profond cette histoire sordide (mais tellement humaine !), Jaenada finit par livrer un « roman » tout à fait vertigineux. A l’heure où le transhumanisme voudrait réduire l’être humain aux formules binaires de l’informatique (0 : un héros, 1 : un salaud), Jaenada explore avec une infinie subtilité toutes les facettes de l’être humain. Girard est d’abord présenté comme un sale type, dépensier, fourbe, violent et même un peu truand (une curieuse affaire d’enlèvement et de demande de rançon pendant la guerre). Mais peu à peu, au gré de l’enquête menée, le portrait s’affine, les traits sont polis et on réalise que les choses sont moins simples que ce que promettaient les apparences. Il ne s’agit pas d’en faire un agneau angélique mais de montrer que cohabitent au cœur de l’être humain de nombreux traits qui empêchent de le cataloguer de façon schématique. De la même manière, les coupables présumés (même s’il ne s’agit que d’un faisceau de preuves) ne sont pas stigmatisés d’un bloc. Jaenada embrasse avec un souffle jamais tari la grande et la petite histoire, les enjeux sociaux, politiques (la « lutte des classes » pour employer une expression qu’on cherche à faire tomber en désuétude) mais également toutes les petites passions et mesquineries qui font le quotidien de tout un chacun.
La Serpe est un livre d’une richesse incroyable où l’auteur sème de nombreux petits cailloux qui ouvrent vers une multiplicité de pistes. L’une les plus « secrètes » et les plus émouvantes est peut-être celle qui aborde le thème père/fils, un sujet que Jaenada ne pourra jamais traiter comme il le confie lui-même. L’écrivain a un grand adolescent à qui il fait souvent allusion ici. A travers ce drame du château d’Escoire, l’un des pires que l’on puisse imaginer (un parricide), il aborde de manière pudique ces relations d’un père à son fils, offrant notamment un très beau témoignage d’amour au sien lorsqu’il découvre la correspondance affectueuse entre Georges et Henri (contrairement à ce que l’on a voulu faire croire). Sans s’épancher, avec encore une fois beaucoup d’humour (une anecdote autour d’un thermomètre absolument hilarante), Jaenada réfléchit sur son rôle de père, sur le temps qui passe et sur ces liens paternels profonds (et fragiles) qu’il tient à préserver tout en sachant parfaitement qu’ils sont amenés à évoluer.
Bref, des romans de cette ampleur, capables de jongler entre une incroyable affaire judiciaire, le portrait d’un personnage hors du commun et la petite histoire individuelle, ce n’est pas tous les jours que l’on peut en trouver. C’est donc peu dire que La Serpe est à lire toutes affaires cessantes (selon la formule consacrée).

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