La cave du Dr Orlof

Notes en vrac

samedi, avril 01, 2017

Lectures de mars 2017



12- Les Films de ma vie (1975) de François Truffaut (Editions Flammarion. Collection Champs Contre-Champs, 1987) 

Je pense qu’après avoir vu tous ses films, avoir lu quelques ouvrages (livres et revues) sur sa vie et son œuvre, je connais plutôt bien François Truffaut. Et pourtant, mis à part quelques articles célèbres régulièrement republiés (notamment Une certaine tendance du cinéma français), je n’avais jamais lu ses textes sur le cinéma (écrits alors qu’il était critique ou déjà cinéaste).  En lisant Les Films de ma vie, on a vraiment le sentiment de déjà le connaître tant certains passages sont passés à la postérité. Citons pour la bonne bouche les célèbres : « Un metteur en scène d’aujourd’hui doit accepter l’idée que son travail sera éventuellement jugé par quelqu’un qui n’aura peut-être jamais vu un film de Murnau » ou « Le cinéma c'est de l'art de faire faire de jolies choses à de jolies femmes ».
Ce recueil de texte délaisse l’aspect polémique du travail de Truffaut critique (à part une très belle critique acerbe du Ballon rouge de Lamorisse) pour se concentrer sur les coups de cœur du cinéaste. Moyen de constater qu’il n’a pas toujours attaqué Autant-Lara (il surestime même, à mon avis, La Traversée de Paris) et qu’il était beaucoup moins « sectaire » que ce que certains ont prétendu. Dans sa superbe préface, il revient sur le métier de critique, son évolution : « Ai-je été un bon critique ? Je ne sais pas mais je suis certain d’avoir toujours été du côté des sifflés contre les siffleurs et que mon plaisir commençait souvent où s’arrêtait celui de mes confrères ».
Un peu plus loin, il écrit « je continue à trouver absurde et haïssable la hiérarchie des genres », moyen de rappeler à ceux qui la dénigrent actuellement que la « politique des auteurs » s’est construite avant tout sur ce que l’on appelle le « cinéma de genre ». Il s’agissait, pour ces jeunes critiques, de montrer que ce que l’on prenait pour de simples produits manufacturés étaient en fait portés par un véritable style et regard (Hitchcock, exemplairement).
Le livre débute par les maîtres qui fascinent le plus Truffaut, ceux qui comme Gance ou Ford, Vigo ou Lang, Chaplin ou Lubitsch ont débuté à l’époque du muet pour continuer leurs carrières au temps du parlant. Les trois parties suivantes sont consacrées aux cinéastes américains (Kubrick, Fuller, Sirk, Mankiewicz, Preminger) puis français (Bresson, Cocteau, Becker, Ophüls, Guitry…) et enfin « les copains de la Nouvelle Vague » (pris dans un sens très large puisqu’on va de Chabrol, Rivette et Godard à Gérard Blain et Jacques Doillon).
Le talent de Truffaut, c’est qu’il parvient à aborder le cinéma d’une manière entièrement subjective (il n’hésite d’ailleurs pas à employer la première personne du singulier) tout en parvenant à pénétrer en profondeur dans les œuvres qu’il évoque. Plutôt qu’une approche « littéraire » (bon ou mauvais sujet, profondeur psychologique…), Truffaut se concentre essentiellement sur la mise en scène, sur le style des œuvres et trouve un équilibre passionnant entre une approche « objective » et sentimentale.
A travers cet ensemble de critique se dessine le portrait d’un homme passionné qui livre ici sa vision très personnelle du cinéma et, de fait, de la vie. Dans le puzzle Truffaut, ce livre apparaît donc comme une pièce essentielle…
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13- L'Esprit Positif : Histoire d'une revue de cinéma 1952-2016 (2017) d’Edouard Sivière (Editions Eurédit, 2017)

Une superbe histoire de la revue Positif dont il a été question ici.
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14 et 16- Camera Obscura et Le Dico de Boro (2017) de Daniel Bird et Michael Brooke (Editions Carlotta films, 2017) 

En complément du magnifique coffret DVD consacré à Walerian Borowczyk, deux livrets très instructifs sur le cinéaste. Dans Camera obscura, après avoir longuement présenté la carrière du cinéaste et les films réunis dans le coffret, Daniel Bird réunit un ensemble de textes publiés sur lesdits films, notamment deux articles de Patrice Leconte sur Théâtre de Monsieur & Madame Kabal et Goto, l’île d’amour publiés dans… Les Cahiers du cinéma. Pour finir, un autre document passionnant : un long entretien de Boro paru également dans les Cahiers. Si cette interview est aussi dense, c’est sans doute parce que Rivette mène le bateau et que c’est très intéressant d’écouter deux cinéastes qui parlent de leur métier, surtout que leurs conceptions de la mise en scène sont rigoureusement inverses.
Le Dico de Boro propose une très intéressante approche transversale de l’œuvre du cinéaste et donne envie de découvrir tous les films de cet auteur qu’il était plus que temps de réhabiliter.
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15- On n’est pas des chiens (1982) d’A.D.G. (Gallimard, Série noire n°1862, 1982)

Une jeune femme qui enquête sur des trafics d’animaux et soupçonne les gitans du coin rend visite à Serguïe Djerbitskine (alias Machin), journaliste déjà apparu chez l’auteur (Pour venger pépère). Pourvu de son acolyte, l’avocat Pascal Delcroix, ils devront mener l’enquête puisqu’un meurtre va ensanglanter cette affaire. Comme toujours chez A.D.G., le style néo-hussard (avec gallicismes, formules à l’emporte-pièce…) se mêle aux intrigues les plus rocambolesques et débridées. L’enquête a peu d’intérêt mais on se laisse porter par le style rabelaisien et rentre-dedans de l’auteur. On se prend d’ailleurs à relativiser l’image de l’odieux sympathisant d’extrême-droite que traine l’auteur de La Divine surprise puisque les gitans, d’abord soupçonnés de tous les maux, sont finalement disculpés et présentés sous un jour qui n’a rien d’antipathique. En revanche, A.D.G est moins tendre lorsqu’il s’agit de décrire des poissons rouges nommés… Hallier et Aragon :
« Hallier, carassin doré à l’œil unique, méditait dans la grotte de corail de l’aquarium à eau pulsée, les nageoires caudales presque immobiles, obscur et ténébreux vertébré aquatique aux branchies pleines de vent. Aragon, son compagnon de daphnies, plus vieux et les barbillons tombant mélancoliquement sur les graviers du fond, frétillait de la queue. C’est un spectacle bien instructif que les relations de deux poissons rouges domestiqués courant sans cesse après des petites bulles d’air que toujours ils prendront pour de la nourriture. »
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17- Endetté comme une mule (1979) d’Eric Losfeld (Editions Tristram, Collection Souple, 2017)

Les mémoires faramineux d’un des plus grands éditeurs du siècle dernier. Eric Losfeld, créateur à la fois des éditions Arcanes puis du Terrain vague est resté à jamais dans l’esprit des bibliophiles comme l’éditeur qui a accompagné le mouvement surréaliste après la seconde guerre mondiale. Mais c’est également à lui que nous devons les premiers numéros de la revue Positif, ceux de la mythique Midi-Minuit Fantastique, des éditions de romans pornographiques sous le manteau, le scandale de Barbarella comme celui d’Emmanuelle… Ce qu’il y a de passionnant chez Losfeld, c’est cette manière qu’il a de se trouver toujours là où bouillonne un certain esprit de la « contre-culture », capable de faire se croiser l’avant-garde littéraire la plus pointue (Péret, Isou, Pieyre de Mandiargues…) et le « roman de gare » (Maurice Raphaël), le cinéma (avec les figures d’Ado Kyrou, Robert Benayoun…), la bande-dessinée, le dessin humoristique (Siné, Gébé…) et la littérature érotique.
On dévore ce récit où Losfeld alterne les anecdotes, les portraits et les réflexions où éclate la veine pamphlétaire de l’éditeur qui n’a pas assez de mots pour vomir son mépris contre les flics, les curés, le Pouvoir, les juges, les délateurs, l’armée…
Ces mémoires sont un panorama haletant de la vie culturelle française de la deuxième moitié du 20ème siècle puisque Losfeld y évoque aussi bien la guerre d’Algérie (il a signé le « Manifeste des 121 » pour le droit à l’insoumission des soldats) que Mai 68 (y compris l’affaire de la Cinémathèque et l’éviction de Langlois). Les portraits qu’il peint (de Péret à Sternberg en passant par Vian et Breton) sont drôles ou touchants, insolites ou sentimentaux : bref, incroyablement vivants.
Un exemple entre mille parmi les anecdotes dont regorge ce livre. Losfeld raconte comment il a passé un soir de Noël avec le père de son ami Michel Schmidt dans une auberge. Cet homme haut en couleur qui souhaitait ouvrir la fenêtre, commence à se disputer avec un « monsieur très distingué » :
« Le père Schmidt, à son habitude, bougonne désagréablement. Le monsieur s’emporte : « vous êtes un goujat. » Le père Schmidt, dont la dialectique était plutôt fruste, se trouve à court d’arguments devant ce mot goujat. Il fixe la Légion d’honneur de son interlocuteur, et dit :
-Combien de fois tu t’es fait enculer pour avoir ton ruban ?
Le vieux monsieur porte la main à sa gorge, rougit, pâlit, suffoque, et tombe raide mort. »
Tout est de cette eau-là dans Endetté comme une mule où l’éditeur révèle un anarchisme du meilleur aloi. Tout au plus peut-on noter une différence de taille avec son collègue (son « meilleur ennemi » dirons-nous tant leurs relations furent marquées par d’éternelles bisbilles et un véritable respect mutuel) Jean-Jacques Pauvert : Losfeld est toujours resté sur une position idéologique inflexible et a toujours refusé d’éditer les auteurs avec lesquels il n’était pas d’accord politiquement. Du coup, il y a quelques pages très sévères (et à mon avis, injustes) contre Céline et l’éditeur reproche à Pauvert, par exemple, d’avoir réédité Rebatet.
Cette attitude peut aussi s’expliquer par le parcours individuel du jeune homme marqué par les horreurs de la guerre et ses origines juives. Fidèle à cette ligne de conduite, Losfeld construira une trajectoire individuelle unique, marquée par de multiples procès, des dettes à répétition mais une inlassable curiosité et une combativité qui forcent le respect. Son catalogue est le plus beau qu’on puisse imaginer et son empreinte n’a pas fini de fasciner ceux qui s’intéressent à la « contre-culture »…
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18- Les Territoires interdits de Tobe Hooper (2017) de Dominique Legrand (Playlist Society, 2017)

Un essai stimulant sur le cinéma de Tobe Hooper dont il a été question ici

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19- Tokyo, mis en scènes (2015) d’Adrien Gombeaud (Editions Espaces et Signes, collection Ciné voyage, 2015) 

On entre avec un peu d’appréhension dans cet essai dans la mesure où, n’ayant jamais été à Tokyo, j’avais peur d’être un peu désorienté par cette promenade que nous propose Adrien Gombeaud. Mais la collection est très bien faite dans la mesure où elle propose, en fin d’ouvrage, des cartes pour se repérer et un index très utile. Du coup, passées les premières pages, on se laisse délicieusement embarquer dans cette balade où l’auteur revisite les traces laissées par le cinéma dans les divers quartiers de la capitale japonaise. Qu’ils soient japonais (Kurosawa, Ozu, Kitano…) ou étrangers (Resnais, Coppola…), de nombreux cinéastes ont proposé une vision de Tokyo qu’Adrien Gombeaud regroupe de manière thématique (l’errance, les yakusas et les filles de joie, le symbole de la modernité…)
Le côté le plus passionnant du livre, c’est cet équilibre subtil qu’Adrien Gombeaud trouve entre l’analyse « objective » des films cités (toujours très pertinente) et le côté « intime » de cette visite puisque c’est moins le cinéma qui est l’objet du livre que de son fantôme, des échos lointains qu’il a laissé dans tel bar ou telle rue (certains lieux ayant disparu depuis les tournages).
Bref, ce petit ouvrage s’avère parfaitement réussi et me donne envie de me plonger très rapidement dans l’autre livre que l’auteur a écrit pour cette coll

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jeudi, mars 02, 2017

Lectures de février 2017



Le mois de février fut, comme l’an passé, relativement calme en termes de lecture. Peut-être en raison des vacances ou d’un mois écourté. Toujours est-il que nous avons découvert :

8- Ballades pour un voyou (1979) de Golo et Frank (Editions du Square, Bouquins Charlie, 1979)

 En 1979, Frank Reichert a déjà débuté, sous le pseudonyme de Luc Vaugier, une solide « carrière » de romancier populaire pour les éditions du Bébé Noir qui deviendront par la suite La Brigandine. Au même moment, il devient également scénariste de bandes dessinées pour Golo et ils collaborent tous deux au Charlie Mensuel de Wolinski. Ballades pour un voyou est leur premier recueil et narre les (més)aventures d’un jeune blouson noir tout juste sorti de prison et bien décidé à éviter par tous les moyens les contraintes de « l’esclavage salarié ». Avec l’aide de copains, il fomente un coup pour dérober des diamants… On retrouve dans cet album l’univers de Frank Reichert : les blousons noirs, les bistrots populaires, les quartiers chauds de la capitale (Pigalle) et un certain désenchantement lié aux reflux des utopies. Si l’on cite volontiers ici les ténors de la « subversion carabinée » (Makhno, Darien, Vaneigem…), c’est une atmosphère poisseuse et désenchantée qui prédomine. Entièrement du côté des « voyous », le récit ne ménage ni la flicaille, ni les sycophantes ou les « braves gens » racistes et adeptes du viol…
Le trait de Golo est daté : pas au sens vieillot mais en ce sens qu’il est assez caractéristique de son époque. On y sent l’influence de la BD underground américaine, des comix et il n’hésite pas à surcharger ses cases. Mais ce style sombre et rocailleux est en parfaite adéquation avec le propos et donne une tonalité toute particulière à l’ensemble. Un coup d’essai, donc, et une belle réussite… 

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9- Les Monte-en-l’air sont là ! (1970) de Pierre Siniac (Gallimard, Série noire n°1320, 1970)

Il s’agit de mon premier Siniac et d’une des premières « série noire » de l’auteur (la quatrième pour être précis). Avec ce roman, Siniac emprunte la voie relativement classique du récit de « casse ». Ces deux héros principaux sont des bras cassés qui s’associent et mettent un plan pour dévaliser la chambre forte la mieux gardée de toute l’Europe. D’emblée, l’auteur place ses personnages sous le signe du cinéma et de l’hommage puisque « la feignasse » et Armie se rencontrent dans des salles obscures où l’on donne des reprises de classiques signés John Huston ou Jules Dassin.
Je n’en dirai pas plus sur les péripéties mais sachez qu’elles sont agencées avec beaucoup d’humour et une efficacité sans faille. Entre le pittoresque de la « série noire » d’antan que l’on retrouve dans les portraits de ces personnages de populos gouailleurs,  ces petites frappes adeptes de la combine et la minutie des descriptions de l’élaboration du coup, le lecteur est happé sans la moindre réserve. Certes, on pourra trouver parfois l’intrigue assez invraisemblable et tirée par les cheveux mais Siniac a le génie du trait, de l’accélération fulgurante qui provoque un suspense et empêche son lecteur de lâcher l’ouvrage.
Voilà qui, de mon côté, donne envie d’en savoir plus sur cet auteur et de découvrir plus en profondeur son abondante bibliographie…
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10- Télex n°1 (1976) de Jean-Jacques Schuhl (Gallimard, L’imaginaire n°643, 2013) 

Une œuvre rare récemment rééditée en poche et que l’on hésite à qualifier de « roman ». Il s’agit plutôt de bribes de fictions, de fragments, de silhouettes fantomatiques qui viennent hanter les pages de ce livre. Schuhl se livre ici à une série de variations dans un décor de chambres d’hôtel que vient peupler l’écho d’histoires anciennes. On y croise aussi bien Louise Brooks que Rita Hayworth mais aussi le mannequin Twiggy ou Eddy Merckx. Difficile d’en dire plus sur ce livre alors il m’a pris l’envie de vous faire partager un passage qui le traduit bien :
« (…) : méfiez-vous de ceux, qui, à côté de vous, ne peuvent supporter cette discontinuité, ce polylogue infini, toutes ces langues, cette absence de sens, de début, de fin, d’anecdote. Ceux-là, ils sont du côté de l’autorité, de la famille, de l’Etat, de la propriété privée, du racisme, du « ou bien ou bien », et du « deux choses l’une » et du « Il faut une fin à tout ». Faites avec n’importe qui l’expérience suivante : tournez le bouton sans vous arrêter plus de vingt secondes sur un poste. Allez et venez. Que ce soit sur une fréquence internationale – avec de préférence des langues non occidentales. Faites ça pendant dix ou quinze minutes. Celui qui dit : « Ou ferme le poste ou trouve un programme » est quelqu’un de religieux)  (…) »
Le dandy Schuhl est bien évidemment du côté de cette discontinuité et l’on devine dans ce court paragraphe toute l’utopie d’une époque désireuse d’en finir avec les immuables piliers d’une société. Sauf que quarante ans après, il semblerait que le capitalisme ait réussi à intégrer ces mots et à faire de nos existences une succession d’instants séparés, un zapping général où il n’est désormais plus question de voir à long terme, de comprendre le mouvement global du monde et la possibilité de le renverser. L’univers a beau s’être morcelé au point de perdre tout sens, la police veille toujours et on se prend à rêver de pouvoir se raccrocher désormais à un « programme » (évidemment pas ceux proposés par les grotesques partis politiques !)
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11- Attouchements sans douleur (1982) de Gilles Soledad (Editions de la Brigandine, 1982) 

Nous retrouvons Frank Reichert pour une œuvre brigandinesque particulièrement gratinée et très réussie. Qu’on en juge : après avoir œuvré dans la fable apocalyptique (l’excellent Fête de fins damnés), Gilles Soledad nous entraine sur les traces d’un couple de jeunes routards, Micky et Maryvonne. Tout débute plutôt bien pour eux puisqu’ils filent vers la grande bleue et prennent du bon temps en chemin (« Je me suis encore jamais fait verger dans un verger »). Mais voilà qu’ils tombent entre les mains de vieux libertins libidineux qui les emmènent sur une île tropicale pour les transformer en gibier d’une chasse très particulière. Soledad/Reichert se souvient ici du classique Les Chasses du compte Zaroff qu’il réadapte ici, à la manière d’un Jess Franco dans La Comtesse perverse, pour nous offrir un cocktail de sexe (violent) et de sang.
A travers cette fable qui lorgne volontiers du côté du cinéma bis, Reichert parvient à interroger les mécanismes du pouvoir et la violence de classes puisque les victimes de ces bourgeois libertins sont de simples prolos. Le sexe n’y est jamais joyeux mais un instrument d’oppression lorsqu’il est aux mains des classes dominantes. Néanmoins, et même si on trouve de jolies phrases comme : "on se déplace plus facilement parmi les idées générales que dans les chicanes de la dialectique" qui devaient étonner le lecteur lambda de romans de gare érotiques, ce récit fruste n’est pas un traité théorique et séduit par son pessimisme radical et sa violence sans rémission…

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