La cave du Dr Orlof

Notes en vrac

dimanche, juillet 16, 2006

Si mon ordinateur fonctionnait...

… Je vous aurais offert une nouvelle livraison de mes notes de lectures. Mais voilà que les titres s’accumulent et que je ne pourrais désormais plus faire bref. Faute de mieux, je me contenterais d’un rapide listing de tous les auteurs dont j’aurais aimé vous parler.

Pierre Loüys (Mimes des courtisanes , Psyché . En attente : Sanguines) Je ne me lasse pas de découvrir l’œuvre de cet écrivain esthète et raffiné, fasciné par la culture grecque. Maintenant, j’avoue que j’aimerais beaucoup découvrir ses pages licencieuses qu’il a publiées sous le manteau.

Octave Mirbeau (les affaires sont les affaires). Trompetons une fois de plus le génie de cet écrivain féroce ! Sa pièce est une pure merveille, une attaque au vitriol contre la bourgeoisie financière et la corruption du régime parlementaire de la troisième République. Un siècle plus tard, le regard satirique de Mirbeau est toujours d’actualité.

Catulle Mendès (la messe rose). C’est peu dire que le gendre de Théophile Gautier est aujourd’hui bien oublié. C’est dommage car son œuvre, très influencée par le Parnasse, recèle de bien jolies choses comme ces petits contes d’un érotisme très fin de siècle. Mendès est une figure assez typique d’une certaine littérature décadente que je goûte particulièrement.

Sacha Guitry (le veilleur de nuit, Françoise, Monsieur Prudhomme a-t-il vécu ?, Un soir quand on est seul + Pages choisies et Réflexions). Pas de pièces majeures dans celles que j’ai découvertes mais néanmoins cet esprit typique du grand dramaturge qui me réjouit tant car il ne respecte rien.

Georges Bernanos (Sous le soleil de Satan, la joie, Le chemin de la Croix des âmes. En attente : Nous autres français, Dialogues de Carmélites) . Je poursuis ma découverte du grand écrivain catholique. Si la noirceur âpre de ses romans me séduit, j’avoue que ma préférence va pour ses écrits « politiques ». Le chemin de la Croix des âmes est un recueil de ses textes extraordinaires publiés pendant la seconde guerre mondiale où Bernanos prouve une fois de plus ce qu’il n’a jamais cessé d’être : un homme libre.

Oscar Wilde (Salomé) . Pièce symboliste rédigée directement en français. Ce n’est pas forcément l’œuvre que nous préférons mais rien de ce qu’a écrit l’immense Oscar Wilde ne nous laisse indifférent…

Albert Paraz (le poète écartelé). Ses partis pris virulents et ses amitiés désastreuses (il fut l’un des seuls à soutenir mordicus Céline après la Libération) ont valu à Paraz un ostracisme regrettable qui perdure aujourd’hui. C’est dommage car outre ses splendides pamphlets, ses romans valent le coup, à l’image de ce petit récit situé au 16ème siècle où l’auteur évoque avec beaucoup de malice les rapports de l’artiste et du Pouvoir.

Claude Farrère (les petites alliées, les hommes nouveaux). Les deux romans de cet ancien officier de marine féru d’exotisme nous offre un aperçu contradictoire de ses diverses facettes. D’un côté, les petites alliées, très beau portrait de demis-mondaines permettant à l’auteur de tracer un tableau sensuel et subtil des mœurs de la société toulonnaise ; de l’autre, un roman qui fait à la fois l’apologie du colon et de « l’homme nouveau » de l’époque (le bourgeois épais et libéral) tout en gardant une certaine nostalgie pour les valeurs chevaleresques d’antan. Le premier de ces deux livres mérite le coup d’œil.

Jules Vallès (les réfractaires). Intéressant recueil de contes et d’enquêtes journalistiques consacrés aux « excentriques » (les sans-logis, les doux-dingues, les artistes ratés et miséreux…) de Paris.

Léon Daudet (Devant la douleur, La police politique. En attente : Fantômes et vivants). C’est une note entière qu’il faudrait consacrer au fils d’Alphonse Daudet, personnage peu sympathique politiquement (royaliste, nationaliste, antisémite, figure de proue de l’Action française …) , assez mauvais romancier mais chroniqueur hors-pair de son époque. Les souvenirs qu’il a laissés sont prodigieux, à l’image de ce Devant la douleur où il évoque avec une verve qui n’appartient qu’à lui ses années à la fac de médecine. Portraits saisissant des « morticoles » (dont le professeur Charcot) mais également du monde littéraire et artistique de l’époque. C’est passionnant. Ses pamphlets m’intéressent également par leur véhémence même si je me situe à l’exact opposé de ses opinions. La police politique est intéressant car il nous offre le regard de Daudet sur les évènements du 6 février 1934 (la tentative avortée de coup d’état réalisé par les camelots du roi).

Georges Feydeau (Occupe-toi d’Amélie). Un classique du vaudeville qui doit prendre tout son sel lorsqu’il est joué dans la mesure où l’auteur soigne avant tout la mécanique du rire (on est impressionné par les précisions données par les didascalies qui font de la pièce un mécanisme d’horlogerie très précis)

Maurice Maeterlinck (l’oiseau bleu) . Pièce symbolique extrêmement casse-burnes.

René Fauchois (Rivoli). Les exploits de Napoléon lors de la bataille de Rivoli pour une pièce suintant l’urine de bidasse et le patriotisme le plus abject. Une horreur nationaliste !

Pierre Veber et Henry de Gorsse (la gamine) / Robert de Flers et GA de Caillavet (Papa). Deux antédiluviennes pièces de boulevard qu’on découvre avec le même plaisir qu’un film d’Emile Couzinet. Du nanar rigolo et désuet à souhait…

GB. Shaw (la maison des cœurs brisés). Encore un dramaturge dont je goûte avec plaisir la liberté de pensée. Ici, il nous livre un tableau Tchekhovien de la société anglaise à la veille de la première guerre mondiale.

Tristan Bernard (les moyens du bord, le petit café, la gloire ambulancière, Jeanne Doré). Mis à part Jeanne Doré, pièce mélodramatique écrite pour Sarah Bernhard et qui rappelle un peu Aux abois (adapté au cinéma il y a peu par Philippe Collin), on retrouve ici l’esprit sarcastique de Tristan Bernard et sa manière d’égratigner une société où règne en unique maître l’argent.

Cami (les nouveaux paysans). Il me faudra vous parler plus longuement de celui que Chaplin considérait comme « le plus grand humoriste au monde » et qui n’aurait pas démérité dans l’anthologie de l’humour noir de Breton. Ici, il s’agit de petits contes mêlant les calembours les plus youpitants, les allusions sarcastiques aux mœurs de l’époque (le retour à la terre : le recueil date des années Pétain) et un certain humour macabre assez caractéristique de celui qui commença comme dessinateur et conteur au Petit corbillard illustré !

Georges de la Fouchardière (Vive l’armée) Je ne reviens pas sur cet auteur dont je vous ai déjà parlé longuement sauf pour vous dire que j’ai dévoré ce recueil de textes antimilitaristes dont la verve satirique n’a pas vieilli…

Adolphe Retté (Du diable à Dieu. En attente : Quand l’esprit souffle) Figure totalement oubliée de la littérature fin de siècle ; Retté est assez typique de l’intellectuel français dans la mesure où il fut une parfaite girouette (Sollers n’a rien inventé !), passant de l’anarchisme le plus splendouillet au catholicisme le plus bégueule et terminant sa vie dans les bras de l’infâme Maurras. Du diable à Dieu est en fait le récit édifiant de sa conversion. Une curiosité même si j’avoue que j’aimerais désormais découvrir les textes subversifs de Retté…

Siné (Siné Massacre) . Avec Willem, Siné est certainement la dernière personne qui nous pousserait à acheter Charlie-Hebdo aujourd’hui, canard autrefois subversif et rallié aujourd’hui à l’Europe des marchands. J’ai dégotté en poche un recueil des meilleurs dessins de Siné et c’est superbe ! Même si les cibles sont souvent les mêmes (les flics, les curés, les militaires, De Gaulle, l’état d’Israël…), son anarchisme sectaire demeure salutaire en ces temps de défaite de la pensée…

Pierre Kropotkine (Parole d’un révolté). Les écrits d’un des plus célèbres « boy scout » de l’anarchie. Même si on peut trouver naïve la foi de Kropotkine dans le progrès, la science et l’avènement de la Révolution, on doit aussi concéder que ses analyses sur le capitalisme et sur l’Etat sont assez percutantes et qu’elles nous consolent des « gnôleries » [Emile Pouget] du « socialisme autoritaire ».

Amédée Ayffre (Cinéma et foi chrétienne. Eh ! Eh !) Lu par pur ostrogotherie. Un monument d’ennui qui n’a rien à envier aux analyses soporifiques d’un Emmanuel Burdeau…

Félicien Champsaur (l’arriviste. En attente : Nora, la guenon devenue femme) Encore un écrivain « fin de siècle » que je suis en train de découvrir. L’arriviste est un tableau saisissant des mœurs corrompues de la société française en 1900. Il fleure bon cette littérature décadente typique de la belle époque et son érotisme faisandé. Encore un grand auteur oublié qu’il faut redécouvrir…



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10 Comments:

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Hé ben c'est pas piqué des hannetons, c'est le moins qu'on puisse dire, tout en restant soit très drôle soit assez délicat (je pense notamment à un recueil de poèmes licencieux qui constitue à lui seul un petit monument d'écriture)

3:16 PM  
Anonymous Dr Orlof said...

Ah! ah! Ca y est, j'ai lu des quatrains porno du maître! Ca s'appelle "Pybrac", c'est très "raide" et fort drôle... j'en reparlerai peut-être...

3:24 PM  
Anonymous Glurb said...

Sinon ya aussi le "dictionnaire des bonnes manières à l'usage des jeunes filles de bonne famille" (je garantis absolument pas l'exactitude du titre), un vrai délice.

1:23 PM  
Anonymous Dr Orlof said...

Oui, "le manuel de civilité à l'usage des jeunes filles"... (je ne garanti pas la fin du titre!) Je le cherche désespérement!

1:36 PM  
Anonymous Glurb said...

bah personnellement je l'ai en collection "Librio" du temps où ils coûtaient dix francs... Mais ya pas de raison qu'il en soit plus disponible dans cette même collection, à 2€ maintenant. En plus cette bonne vieille FNAC en a une bonne collection, de ces Librio (faut les chercher remarque), et Grangier doit être pas mal non plus

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