La cave du Dr Orlof

Notes en vrac

vendredi, avril 07, 2006

Concert monstre

Si je vous demande qui est le meilleur groupe de rock français du monde, vous répondrez sans aucune hésitation Dionysos et vous aurez raison. A fortiori lorsqu’on évoque les prestations scéniques de la formation qui n’ont, à mon humble avis, pas d’équivalent valable dans notre bel hexagone.
J’avais hâte de revoir le farfadet volant Mathias Malzieu et ses musiciens : d’une part parce qu’ils avaient électrisé un festival de rock lorsque je les avais découvert à la suite de leur deuxième album studio(le désormais mythique Western sous la neige) et d’autre part parce que je tiens Monsters in love pour l’un des meilleurs CD sortis l’an dernier. L’écriture volontiers surréaliste et poétique de Mathias Malzieu (que l’on retrouve dans son superbe roman Maintenant qu’il fait tout le temps nuit sur toi, complément indispensable à l’album) s’est affinée, l’esprit furieusement rock d’autrefois s’estompe parfois au profit de savoureux morceaux où dominent le banjo (dont le génial les métamorphoses de Mister chat qui fut l’un des grands moments du concert) et l’ensemble possède une cohérence et une unité rare.

Avec des arbres Tim Burtonien placés sur scènes, on se dit qu’on va retrouver cet esprit sur scène et l’on n’est pas déçu puisque les Dionysos vont centrer leur spectacle presque exclusivement sur leur dernier album. Et dès le premier morceau (Giant Jack) , c’est du délire. Quiconque n’a pas vu Malzieu sur scène et sa troupe ne peut avoir la moindre idée de l’énergie (dionysiaque) que dégage ce groupe. Le chanteur invite constamment le public à réagir, à hurler, à bondir, à bouger et fait de même sur scène (après deux heures à ce régime, je me demande comment il peut encore avoir des cordes vocales et le moindre souffle !). Même des chansons plutôt calmes sont jouées dans des versions survitaminées (je ne pensais pas possible de pouvoir provoquer de tels mouvements de foule avec des titres comme l’homme qui pondait des œufs ou Don Diego 2000) et la folie qui a gagné la salle n’a pas faibli pendant toute la durée du concert.

Malzieu est une pile électrique : il félicite le public pour son chœur de « ta gueule le chat » (les connaisseurs reconnaîtront la chanson), provoque un « pogo muet », crache au passage sur Yannick Noah (forcément, c’est au moment de la chanson sur McEnroe) et invite des cuivres (deux jeunes musiciens visiblement impressionnés par l’atmosphère électrique de la salle) sur Tes lacets sont des fées et le superbe Neige (ode déchirante à la mère disparue qui est, avec Mon ombre est personne, l’une des chansons qui prend le plus de relief lorsqu’on a lu le livre du chanteur).
Au total, le groupe ne jouera qu’une quinzaine de morceaux car chacun d’eux est délayé au maximum, soit par le « show » permanent de Malzieu qui se jette dans la foule aussi régulièrement qu’il le peut ou par les musiciens qui les agrémentent de longues plages instrumentales. Prenez le rappel : deux chansons en une demie-heure. Une reprise sous amphétamines du Docteur Jekyll et Mister Hyde de Gainsbourg (j’ai eu du mal à la reconnaître) et l’indispensable Song for Jedi durant lequel notre chanteur sur ressort à refait à peu près le numéro qui l’avait rendu célèbre aux Victoires de la musique (un slam, une traversée de la salle et le voilà en train de grimper vers les techniciens du son et se nicher à deux mètres du sol pour entonner a capella un couplet de Coccinelle).

Mais je me rends compte que mon pauvre vocabulaire s’avère assez vain pour retranscrire l’atmosphère qui règne lors des concerts de Dionysos. Alors je me contenterai d’une expression qui me fait horreur :
C’était énorme.

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4 Comments:

Anonymous Glurb said...

Complément utile, parce qu'on ne peut pas être partout, le concert de Thiéfaine était aussi assez géant en son genre, ce vieil Hubert maîtrisant de mieux en mieux sa voix, et ce n'est pas peu dire. la dernière fois que je l'avais vu, c'était sur sa tournée solo, seul sur scène avec une guitare sèche. Ambiance feutrée mais envoûtante à l'époque. Cette fois là, c'était rock'n'roll, et je pèse mes mots.

En bref, miam et re-miam. N'empêche.... Le conert de Dionysos eût-il étré plus tardif, je ne l'aurais raté pour rien au monde, mais bah, ce n'est que partie remise, rdv aux Eurock!

10:48 PM  
Anonymous Casaploum said...

Le meilleur groupe rock français du monde serait Dyonisos ? Mais tu débloques mon pauvre ami Pierrot ! Noir Désir n'a pas d'équivalent. Il y a Noir Désir et il y a les autres (Dyonisos qui s'en inspire par exemple)...

11:36 AM  
Anonymous voyance gratuite en ligne par mail said...

Merci pour tous ces conseils, je vais essayer de les appliquer !

1:03 PM  
Anonymous Voyance sérieuse gratuite par mail said...

Certain parlent trop pour ne rien dire! au moins ici je trouve ce que cherche de façon claire et précise bravo...

1:15 PM  

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