La cave du Dr Orlof

Notes en vrac

dimanche, mai 21, 2006

Le charisme de "l'adulescent"

C’est un public relativement peu nombreux mais enthousiaste qui est venu l’autre soir applaudir l’excellent Aldebert. Conquis d’avance, nous ne fûmes cependant pas déçus par la performance du chanteur qui se montra à la hauteur de nos espérances.
« Je me souviens, ça commençait comme ça… » : un concert des Hurlements d’Léo à Strasbourg où Aldebert fit la première partie et fut très apprécié. Depuis, je l’ai revu deux fois en concert et deux fois lors de mini show-case à la FNAC et jamais mon enthousiasme n’a terni.
Pourtant, si j’endossais le temps d’une minute le rôle de l’avocat du diable, certains griefs viendraient immédiatement à l’esprit. Arrivant après Vincent Delerm et Bénabar, les textes d’Aldebert n’ont rien de bien original et déclinent une fois de plus les états d’âme des petits trentenaires entre nostalgie amusée et crainte du temps qui passe.
Musicalement, l’auteur ne se distingue pas non plus : petite formation acoustique (guitare sèche, piano, accordéon et quelques cuivres), un peu de reggae, de tango et de rock musette… Du classique dans le cadre de la nouvelle scène française.
Pourtant, dès que retentissent les premières notes, toutes les réticences s’estompent et on succombe au charme du chanteur. Ca s’appelle le charisme : ça ne s’explique pas mais c’est flagrant ici. Aldebert a le génie de la scène : plein d’humour et d’énergie, il vous fait chavirer une salle en quelques minutes.
Ses textes, diablement habiles et leurs petites mélodies entêtantes vous entrent tout de suite dans la tête pour vous donner envie de chantonner. A le voir, on comprend sans mal que le chanteur n’applique aucune recette et que, même s’il flotte sur un certain « air du temps », ses chansons ont un véritable cachet d’authenticité et ne sentent jamais le calcul roublard.

Autre qualité qui m’a vraiment séduit : j’ai vu ce spectacle il y a un peu plus d’un an. Aldebert n’a pas sorti d’album entre temps (le prochain est prévu pour septembre) et, mis à part quatre nouvelles chansons, j’ai vu sensiblement le même show. Pourtant, j’ai eu le sentiment de voir un concert différent, comme si Aldebert arrivait à se renouveler chaque soir. Entre petits gags improvisés, sketches d’introduction renouvelés (une hilarante « messe » annonçant Rentrée des classes) et arrangements de certaines chansons modifiés ; le chanteur ne cesse d’étonner et de réjouir.

Nous eûmes donc droit à des titres réarrangés sur des rythmes de salsa (Indélébile, Saint’nitouche), d’autres joués de manière intimiste (le très beau Rien qu’un été où Aldebert fit asseoir toute la salle) ou jouant sur le crescendo (Vivement la fin commencé avec une simple guitare sèche et terminé avec toute la formation). Ajoutez à cela un dialogue constant avec le public, un slow avec une jolie blonde de la salle (après Cali qui avait fait la même chose, je me dis que chanteur est vraiment un beau métier !), une constante pêche et vous aurez le secret d’un concert totalement réussi.

Vivement le prochain !

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