La cave du Dr Orlof

Notes en vrac

jeudi, avril 20, 2006

Service minimum

Une heure vingt cinq ! Il n’aura pas fallu une minute de plus au groupe Mickey 3D pour boucler le premier concert qu’il donnait hier dans la capitale des ducs de Bourgogne. Pourtant, en comptabilisant le nombre de titres joués, on réalise que le groupe nous en a offert 24, soit trois de plus que Cali dont le concert dura près de trois heures ! C’est ce qu’on appelle expédier la besogne ! Les Mickey 3D s’acquittèrent de leur tâche sans enthousiasme devant une salle assez peu remplie (mais tout de même !) et dans une ambiance plutôt morne (et pour une fois, le public n’est pas le seul en cause).

Déception donc. Le concert débuta par les morceaux du dernier album Matador, joués d’ailleurs (en ce qui concerne les trois premiers titres) dans l’ordre du CD (pas bon signe !). Sans changer une seule mesure, le chanteur enchaîne les titres tel un fonctionnaire accomplissant un travail routinier et n’ayant qu’une hâte : en finir. Vingt minutes et sept chansons plus tard, on en a (quasiment) fini avec le dernier album et les « tubes » sont annoncés. Et c’est reparti pour un le jeu à la chaîne des vieux morceaux du groupe. Au bout d’une heure à peine, le chanteur annonce qu’il est temps de se quitter (!!!). Il y aura une petite demi-heure de rappels mais la fin tombera comme un couperet. C’est tout ?

Ce qui est rageant, c’est que le concert avait tout pour être réussi : un groupe qui a fait sa réputation sur scène, des morceaux plutôt rock et bien rythmés, le choix de ne retenir quasiment que les « tubes » qui commencent à être connus par le plus grand nombre (de La France a peur à Respire en passant par J’ai demandé à la lune et Tu dis mais ne sais pas), des musiciens doués…
Sauf qu’il aurait fallu donner l’impression d’être content d’être sur scène et faire vivre les morceaux. Or à part Respire (joué en rap) et les gens raisonnables (rythmé de manière reggae), les morceaux ont été joués tels que nous les connaissons dans les albums. Quand au chanteur, il n’a fait aucun effort pour communiquer avec la salle, pour faire reprendre les paroles de ses chansons. Rarement un groupe ne m’aura paru aussi peu charismatique. J’aime beaucoup le talent de la petite musicienne qui tient l’accordéon et les claviers du groupe (et qui a par ailleurs un joli filet de voix comme elle le prouve sur Ca ne m’étonne pas et Réveille-toi) mais niveau prestance, comme le faisait judicieusement remarquer un ami qui m’accompagnait (et pour faire une allusion à une chanson du groupe), « c’est Mimoun derrière sa fraiseuse ».

Bref, sans vouloir porter de jugement définitif (j’avais été déçu de la même manière la première fois que j’avais vu Louise Attaque et ils se sont bien rattrapés il y a un mois !) ; j’ai un peu l’impression que le groupe a pris la grosse tête et se contente de faire son boulot sans réel enthousiasme. Cela témoigne à mon sens d’une certaine ingratitude car c’est la scène qui l’a fait. Et même si on est désormais sponsorisé par France 2 et Europe 2, il serait de bon ton de ne pas l’oublier et de prendre exemple sur des gens comme Cali, Bénabar ou Sanseverino qui savent encore faire partager leur désir de scène et communiquer avec le public…

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