La cave du Dr Orlof

Notes en vrac

vendredi, mars 24, 2006

Nous nous sommes tant aimés (et ce n'est pas fini!)

Le premier album de Louise Attaque (sorti en 1997) eut une importance considérable pour moi. Trop jeune (et surtout campagnard) pour véritablement profiter de la scène indépendante de la fin des années 80 et du début des années 90 (les Béruriers Noirs, la Mano Negra et même Noir Désir), j’eus enfin le sentiment de l’arrivée d’une nouvelle vague de groupes rodés par les concerts correspondant parfaitement à mon désir de trouver enfin une alternative à la variétoche la plus naze et aux ancêtres du rock classique. Il y aura par la suite les Têtes raides, la tordue, les ogres de barback mais les premiers qui me transportèrent furent Louise attaque.
Un tube sur lequel je m’éclate toujours autant à n’importe quel mariage (je t’emmène au vent), un premier album excellent, plein d’entrain et d’énergie avec ses airs vous trottant dans la tête dès la première écoute.
Succès oblige, le groupe enregistra dans la foulée de son triomphe un deuxième album démarquant sans génie le premier (même s’il est assez décevant, je l’ai réécouté depuis quelques temps et force est de constater qu’il vieillit plutôt pas mal) et un premier rendez-vous manqué lorsque je les découvris sur scène en mars 2000. Je pense vraiment les avoir vus au mauvais moment et cela donna lieu à un concert pas nul mais un peu morne, le groupe se contentant de jouer leur deuxième album sans originalité et nous sevrant même du fameux « tube » que j’évoquais plus haut. Je me souviens même des lumières de la salle qui se rallumèrent pendant que les musiciens terminaient un dernier morceau instrumental.
Déception. La suite est connue : dissolution du groupe, l’aventure de Tarmac (que je n’ai pas suivi du tout) et l’annonce des retrouvailles l’an dernier avec la sortie d’un troisième album totalement convainquant où le groupe, sans renier son style d’antan, affichait une vraie maturité.

Hier soir était donc le jour des retrouvailles six ans après. Je les attendais avec excitation mais aussi une certaine appréhension (le goût amer du premier concert).
Louise attaque débute par cette chanson en guise de question symbolique : Est-ce que tu m’aimes encore ? Deux heures plus tard, la réponse est définitivement oui. Devant une salle bondée, le groupe a comblé mes espérances et s’est montré à la hauteur de ce que j’attendais d’eux. Exit le deuxième album (seuls trois morceaux ont été joués, dont le plus connu la plume), retour au source du premier (10 sur 14 quand même ! dont tous les airs qui ont fait la célébrité du groupe : d’Amours à Léa en passant par les nuits parisiennes, ton invitation et je t’emmène au vent) et une interprétation énergique de leur dernier CD (une version plus « rock » de Si l’on marchait jusqu’à demain et un tricotage sympa entre l’ancestral Vous avez l’heure ? et l’excellent Nos sourires).

Contrairement à des gens comme Mathias Malzieu, Cali ou Bénabar ; Gaëtan Roussel (le chanteur) n’est pas une « bête de scène ». Plutôt réservé et timide (ce sont ses musiciens qui demandent au public assis au fond du Zénith de se lever sur Savoir), il communique difficilement avec la foule et manque un peu de charisme. Néanmoins, il compense ce (très) léger défaut (on n’est quand même pas au niveau des sinistres Murat ou Miossec !) par une énergie musicale rare. Les morceaux s’enchaînent rapidement, sont choisis avec justesse (classiquement, les très rapides succèdent aux plus intimistes) et emballent immédiatement une foule en liesse. Seul petit bémol : une orchestration un peu moyenne de la (belle) chanson Sean Penn, Mitchum.

Beaucoup d’ambiance, donc. Un cocktail explosif des airs que j’ai tant aimé et de ceux découverts l’an dernier et des musiciens au meilleure de leur forme (avec ce violon si exaltant qui fait toute la personnalité du groupe).
Un retour en grâce mille fois mérité !

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2 Comments:

Anonymous Florent V. said...

Houlà, cela fait pas mal de temps que je n'ai pas plongé les oreilles dans du Louise Attaque, dont pourtant le premier album était le tout premier que j'avais acheté moi-même avec mes économies (été 98 ?). J'apprécie beaucoup à la fois la musique et la poésie des textes, mais j'avais un peu perdu le groupe de vue depuis ma période écoute intensive des deux premiers albums (et depuis de nombreuses autres découvertes musicales qui font que l'on « passe à autre chose »).

Bref, il faudra que je me le trouve sur les réseaux P2P, ce troisième album. Vite, tant que cela reste assimilé à de la copie privée !
Ensuite, si ça me plaît et que le CD n'est pas DRMisé, je l'achèterai sans doute.

7:56 PM  
Anonymous Glurb said...

Tu s'rais pas Dijonnais toi des fois?

11:18 PM  

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