La cave du Dr Orlof

Notes en vrac

mercredi, février 20, 2008

Bibliothèque idéale n°2 : la littérature américaine

Le faucon de Malte (1929) de Dashiell Hammett (Gallimard. Folio Policier. 2002)

Même si le genre donnera lieu à une catégorie à part entière, je n’ai pas résisté au plaisir d’aborder la littérature américaine par le biais d’un classique du roman noir. Je n’avais jamais lu de romans d’Hammett mais je connaissais l’honnête version cinématographique du Faucon maltais signée John Huston avec le grand Bogart.

Sam Spade est un détective qui se voit confier une mission par une séduisante inconnue : filer un homme qui pourrait avoir enlevé sa sœur. Sauf que l’associé de Sam qui entame la filature est retrouvé mort, ainsi que l’homme suivi… La belle a donc menti et voilà notre privé embarqué dans un rocambolesque imbroglio de conflits d’intérêts entre des personnes qui recherchent toutes une mystérieuse statue de faucon…

Intrigue tirée au cordeau, rebondissements incessants, personnages superbement dessinées, rythme d’enfer soutenu par de nombreux dialogues pleins de verve : du strict point de vue du « genre », Le faucon de Malte est déjà un vrai bonheur qui parvient à captiver le lecteur dès les premières pages.

Mais il y a autre chose, sans doute ce qu’on peut définir comme le « style Hammett » même si je ne connais pas ses autres œuvres. L’écrivain travaille autour de motifs à la manière d’un musicien. Ce faucon n’est qu’un MacGuffin hitchcockien, un prétexte permettant à l’intrigue de se développer en « ricochets » (elle ne cesse de rebondir par petits bonds).

Je suppose que la structure générale du roman a du être très travaillée au préalable mais elle donne le sentiment d’une quasi-improvisation de chapitres en chapitres, comme si l’écrivain ne connaissait pas lui-même la fin de son histoire.

Hammett jette son fil directeur (ce fameux faucon convoité par de nombreuses personnes, pour des raisons que je ne dévoilerai en aucun cas ici) et développe autour de ce fil des scènes qui travaillent toutes le même motif mais en le développant et en lui impulsant des rythmes différents : les personnages se retrouvent souvent confrontés les uns aux autres et jouent la partie comme aux échecs : chacun avance sa pièce et tente de pousser l’autre dans ses retranchements en tissant sa toile.

Plus que la résolution de l’intrigue, c’est le comportement des personnages qui intéresse l’écrivain et passionne le lecteur. A travers de figures archétypales (la femme fatale, le privé flegmatique, le bandit onctueux et cauteleux, la petite gouape…), Hammett met en scène un jeu de mensonges, de manipulations assez réjouissant qui se termine dans le plus parfait des cynismes.

Du coup, il n’est pas impossible que nous allions revisiter l’univers de cet auteur lorsque nous arriverons à la catégorie littérature policière…

Et vous, quelles œuvres de la littérature américaine choisiriez-vous pour constituer votre bibliothèque idéale ?

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10 Comments:

Anonymous Vincent said...

"L'étoffe dont sont fait les rêves"

8:18 AM  
Anonymous Anonyme said...

Il y en a tellement puisque la littérature américaine constitue la plus grande part de mes lectures mais c'est certainement James Baldwin qui m'a procuré le plus de plaisir particulièrement "Un autre pays"
Bernard Alapetite

11:05 AM  
Anonymous Rolleyes said...

Dans la liste, je prendrai Moby Dick et Le Coeur est un Chasseur Solitaire ; sinon, du Jack London (pas Martin Eden, parce que je ne l'ai pas lu, mais tout son bestiaire, et ses bonnes nouvelles, tout n'est pas à garder), Tom Saywer plutôt qu'Huckleberry Finn (plus réjouissant), et quelques romans d'aventures genre Le Grizzly de James Oliver Curwood.
Et puis quelques bouquins de sci-fi/fantastique, Fahrenheit 451, et les nouvelles de Richard Matheson et de Lovecraft... Enfin ça ça mange sur d'autres catégories.
Un jour il faudra que je me mette à la littérature beat.

1:42 PM  
Anonymous Dr Orlof said...

>Vincent : peux-tu nous en dire plus?

>Bernard : Je ne connais pas Baldwin. Je note ça dans un coin de ma tête...

>Rolleyes : moi aussi, je veux me lancer un jour dans Kerouac mais je n'en ai pas eu l'occasion. De la même manière, Twain est cité dans "les dingues du nonsense" de Benayoun. Est-ce que quelqu'un connaît ses écrits absurdes et nonsensiques? .
Dans la liste citée, mon préféré est bien entendu "Lolita" de Nabokov (j'en ai parlé sur mon autre blog) et j'aime aussi énormément "l'attrape-coeur" de Salinger. Je conseille également les deux autres que j'ai lus : "de sang-froid" de Capote (merveille) et "Tropique du cancer" de Miller...

10:31 PM  
Anonymous Vincent said...

L'étoffe dont sont faits les rêves, c'est la matière du faucon de Malte. je ne l'ai pas relu, du coup je ne sais plus si la réplique du film est dans le bouquin.

Je n'ai pas encore eu le temps d'explorer ma bibliothèque américaine, disons qu'il y a du Hemmingway beaucoup, du Faulkner, du Twain, du Crane, les grands auteurs "noirs" (Mc Bain, Hammett, Chandler...), du Fante, du Parker, pas mal de Steinbeck, Melville bien sûr, Cooper que je n'aime pas trop, Caldwell, Woolf, plein de science fiction et de fantastique (Lovecraft, Merritt, Vance, Moorcock...). Difficile de dégager quelqu'un.
un choix peut être, sentimental : "Je suis une légende" de richard Matheson.

8:24 AM  
Blogger Dr Orlof said...

Tiens, je ne me souviens pas avoir lu cette phrase dans le livre mais je suis très faible à ce petit jeu de repérer une phrase ou même de reconnaitre, sur photo, une scène d'un film (voir les jeux de Mariaque). Que ce soit les livres et les films, sauf exceptions, j'en garde surtout une impression globale.

Bons choix que tu proposes : j'avais beaucoup aimer lire John Fante et je pense aller voir du côté de Chandler quand j'aborderai la catégorie "policier"

7:54 PM  
Anonymous Vincent said...

Ca fait partie des répliques "immortelles". je vérifierais si elle est dans le livre. En attendant, voici de quoi te rafraichir la mémoire (en VO) : http://fr.youtube.com/watch?v=hp7130Bjec4

Je me rends compte qu'il manque London, alors que j'ai une bonne dizaine de ses livres. "Avant Adam" est assez étonnant.

9:15 PM  
Anonymous Pabl o said...

John Fante, moi aussi. Et Bukowski qui lui doit tant.
Hammett est l'initiateur du genre mais je préfère Chandler dont je trouve le style plus abouti.
Erskine Caldwell.
Don Delillo est splendide.
Brett Easton Ellis est peut-être un peu surfait mais c'est quand même très bon.
Je n'ai jamais réussi à accrocher à Hemingway.

1:26 PM  
Blogger gludure said...

Henry Miller.Tropique du Capricorne est stupéfiant,ainsi que les nouvelles de Printemps Noir. Le Tropique du Cancer est un succulent hors d'oeuvre avant le déluge.

1:00 AM  
Anonymous voyance par mail en ligne said...

Je suis passée faire un tour sur ton site. Continue! Peux-tu me mettre en partenaire car je t'ai mis sur mon site.

10:51 AM  

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