La cave du Dr Orlof

Notes en vrac

samedi, novembre 25, 2006

Pas exactement la même chose, mais presque...


Sanseverino. Exactement

Peut-être que cette note vient un peu trop tôt. Peut-être n’ai-je pas assez écouté le troisième album studio de Sanseverino pour l’apprécier à sa juste mesure. En matière de musique, je ne sais pas si c’est la même chose pour vous, il me faut plusieurs écoutes avant d’émettre un jugement définitif (qui ne l’ait jamais, d’ailleurs). Prenez le dernier album de la Ruda Salska : si vous m’aviez interrogé après la première écoute, je vous aurais confessé mon désappointement (toujours la même chose, pas de titres se distinguant…). Or pour réviser avant d’aller les voir en concert, j’ai passé outre cette première mauvaise impression et le CD s’embellit à mesure que je le réécoute. Ce n’est peut-être pas un renversant chef-d’œuvre mais un album plus qu’estimable qui laisse présager une très belle soirée agitée.

J’ai écouté plusieurs fois Exactement sans arriver vraiment à m’y faire. Oh ! Certes, c’est loin d’être désagréable et certains titres s’avèrent plutôt séduisants. Mais au bout du compte, j’ai le sentiment d’un disque un peu ronronnant et qui sonne un peu comme une redite. Commençons par la fin et le pénultième morceau intitulé Le swing du président qui me semble parfaitement caractériser l’ensemble du projet. Dans cette plaisante chanson écolo où l’auteur milite pour la fin du nucléaire, on reconnaît d’emblée l’hommage à Boris Vian (au Déserteur mais aussi à La java des bombes atomiques que Sanseverino reprenait dans sa dernière tournée). Le clin d’œil ne vaut pas seulement pour la faconde rigolarde et vaguement libertaire du chanteur mais également pour l’instrumentation. Vian était un grand fan de jazz et Sanseverino joue cette fois la carte de l’orchestration un brin rétro des « jazz-band ». Alors qu’on connaissait sa prédilection pour Django et le jazz manouche, notre bonhomme louche plutôt du côté des orchestrations swing d’un Michel Legrand. Une fois de plus, ce n’est pas désagréable mais ce flot de cuivres qui envahit chaque titre finit par lasser un peu.

Sur certains morceaux, on retrouve néanmoins ses fameux « traits de guitare qui n’ont pas de fins » et le son du jazz manouche. Mais si on sourit à Comment séduire une femme mariée ? ou si l’on bat la mesure quand arrive Exactement, ces titres me paraissent moins grandioses que ces petites merveilles qu’étaient, dans l’album précédent, Michto la pompe ou Les bourre-pâtes et les tire-nerf.
Reste l’énergie du chanteur (qui éclate de manière merveilleuse sur scène où il est assez époustouflant), son débit à cent à l’heure et son goût pour jouer sur les mots (« l’amie de Monique est maniaque/ Et comme l’ammoniaque est toxique/ Sophie est super asthmatique/ Son ex-mec est au Mexique…). Pour me faire une opinion définitive, j’attendrais de voir le nouveau spectacle de Sanseverino afin de juger les chansons en « live ». C’est ce qui fera certainement la différence…

NB : A noter que, comme pour certains DVD, les bonus sont presque plus intéressants que l’œuvre présentée. Un deuxième CD nous offre une superbe reprise de la chanson de François Hadji-Lazaro Dans la salle du bar-tabac de la rue des Martyrs (chantée avec La grande Sophie et William Sheller), une version live d’André totalement électrisante (en duo avec Cabrel), deux formidables duos (avec Elisabeth Anaïs et Polo) et une belle reprise du Bon anniversaire de Charles Aznavour. Si le gâteau ne nous semble pas extraordinaire, la cerise est succulente !

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6 Comments:

Anonymous Glurb said...

Ca fait plusieurs fois que tu professes dans tes articles un amour pour les chansons à texte... Aussi je te conseille Vincent Baghien,pour ce qui est du jeu sur les mots, c'est du grand art (et la musique n'est pas dégueu non plus, alors!)

12:11 PM  
Anonymous Glurb said...

Baghian pardon (je sais c'est inutile mais bah ça te fait des statistiques)

9:13 PM  
Anonymous Dr Orlof said...

Ben non, c'est toujours gentil de passer par là! J'ai été regardé à la FNAC mais je ne l'ai pas trouvé...

11:38 PM  
Anonymous Anonyme said...

Fan de Sansévérino depuis le début, j'étais présente au concert donné à Lyon le 16/12/06, heureusement les inconditionnels était au RV car c'était une cacophonie insupportable : cuivres trop forts, paroles inaudibles, dommage!! la salle n'était peut être pas approprié ou le son + que mal réglé ??? immense déception beaucoup d'énergie dépensée pour un échec complet!!

4:09 PM  
Anonymous mc said...

hihi j'ai l'autographe !

4:06 PM  
Anonymous voyance sérieuse et gratuite said...

Excellent article de qualité. Je suis tout à fait d’accord .

9:45 AM  

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