La cave du Dr Orlof

Notes en vrac

samedi, janvier 05, 2008

Orlof part en live (2)

En guise de rétrospective de l’année 2007, un petit panorama des concerts auxquels j’ai assisté de septembre à décembre.

Traditionnellement, la « saison » des concerts s’ouvre par un grand concert de rentrée gratuit, en plein centre-ville de Dijon. Depuis 2002, toute la ville se presse pour assister à ce grand évènement où les personnalités invitées sont généralement « locales » sans pour autant être totalement inconnues. Ainsi, en six concerts, nous avons eu le plaisir de voir et d’entendre l’immense Yves Jamait, Bastien Lallemant, Aldebert ou encore Pauline Croze. Cette année, après deux groupes du cru, ce fut Jacques Higelin qui vint se produire devant le palais des ducs.

A part deux ou trois chansons, j’avoue connaître très peu ce chanteur pour qui je n’ai ni passion excessive, ni antipathie. Le début du concert fut plutôt rude car malgré quelques « tubes » (Tombé du ciel), Higelin eut du mal a dégeler un public dijonnais rarement expansif (qu’on se le dise, c’est une ville désagréablement bourgeoise !). Mais l’énergie et la générosité de l’interprète sont venues à bout des réticences de chacun. Même si j’avoue ne goûter que modérément ces morceaux de bravoure où Higelin harangue les foules pendant un quart d’heure, j’ai été séduit par sa présence sur scène et l’entrain qu’il mit pour offrir un beau spectacle à la foule.

Début octobre, nous eûmes le plaisir de voir à nouveau le grand Sanseverino. Je disais ici même que je n’avais pas été totalement convaincu par son dernier album (Exactement) et ses arrangements pour big band. Mais force est de constater qu’il prend une toute autre ampleur sur scène et que le chanteur et ses musiciens impressionnent. Le concert s’est divisé en deux parties : dans la première, Sanseverino joue ses derniers titres avec son incroyable orchestre (j’exagère peut-être mais je pense qu’il devait bien y avoir une vingtaine de musiciens sur scène) et reprend quelques anciens titres en les réaménageant. La trilogie André fut un grand moment puisque le premier morceau fut raccommodé à la sauce yiddish et que le deuxième fut joué comme une ballade folk guitare/voix. Autre grand moment : la reprise très musclée des Etrangères de Ferré/Aragon après une introduction désopilante (car en plus d’être un grand musicien, Sanseverino est quelqu’un de très drôle sur scène et il a une énergie abasourdissante). Deuxième partie du concert : le chanteur constate qu’il y a « beaucoup d’abonnés dans la salle » et donc « beaucoup de petits vieux » et il entame alors les morceaux plus « doux » où l’on retrouve avec délice son jazz manouche. Si l’artiste ne fait pas toujours dans la légèreté (il chante le titre J’ai un homme dans ma vie vêtu d’une robe du soir à la Marlène Dietrich qu’il enlève au moment de sortir, prouvant qu’il ne portait rien en dessous !), il parvient à séduire un public conquis et très réceptif. Super ambiance pour un grand concert !

Une semaine plus tard, je me suis retrouvé dans une petite salle de la banlieue dijonnaise pour voir Nicolas Jules, extra-terrestre découvert lors d’un concert de Jamait. Difficile de décrire le style musical de ce petit bonhomme qui joue tout seul de la guitare, accompagné d’un batteur patibulaire. Ca ressemble un peu à de la chanson minimaliste et rigolote à la Gérald Gentil (pas Gérard, hein !) mais c’est encore plus drôle. En deux, trois mouvements, le chanteur parvient à déclencher la plus franche hilarité et j’ai souvent pleuré de rire pendant ce concert. Sa prestation est à la fois absurde et décalée et si les chansons ne tiennent pas forcément à l’écoute en CD (il faudrait tester), je vous recommande chaudement d’aller le voir sur scène. Il est étonnant !

Fin octobre, c’est aussi le festival TSB (tango, swing, bretelles) de Montceau-les-mines. Je m’y suis rendu pour le dernier soir. Le concert a commencé très fort avec le phénomène Renan Luce. Je vous ai dis le plus grand bien de son album Repenti et j’avoue que depuis la première fois où je l’ai découvert seul avec sa guitare (en première partie de Bénabar), le jeune artiste a bien progressé. Les musiciens qui l’accompagnent sont excellents et ce fut un grand plaisir de le réentendre chanter tout son album devant un public conquis (beaucoup de jeunes demoiselles, d’ailleurs !). Nous eûmes droit également à un très beau titre inédit sur les timides et à une belle reprise « rock » du J’me suis fait tout petit de Brassens. Une très belle prestation qui fut suivie par celle de Miossec. J’ai déjà parlé de mes réticences face à ce chanteur mais j’avoue qu’il fut meilleur que d’habitude ce soir. D’une part, parce qu’il joua moins longtemps et qu’il reprit ses titres les plus célèbres. Pas extraordinaire mais pas désagréable (ses musiciens sont, eux aussi, très bons). Par contre, j’avoue m’être ennuyé face au rock répétitif d’Adrienne Pauly et son exaspérante voix haut perchée. Dans le genre, je préfère très largement ma chère Grande Sophie ! Pour finir, ce fut un plaisir de revoir quelques mois après leur prestation au zénith La rue kétanou même si j’ai crains un instant d’assister au même concert (le début était similaire, avec ces nouvelles chansons auxquelles je ne suis pas encore habitué). Mais la suite ne m’a pas déçu : beaucoup d’énergie, le plaisir d’entendre des titres occultés à Dijon (San Loucas, Danse…) et une belle ambiance ont permis de conclure merveilleusement ce beau concert.

J’ai toujours un peu peur d’aller voir des concerts si je ne connais pas avant les chansons. C’était le cas de Da Silva puisque je ne possédais pas ses deux albums. Eh bien je ne fus pas un instant déçu par la prestation de ce petit bonhomme réservé mais généreux, pas forcément très charismatique mais capable de transmettre son plaisir d’être sur scène par un simple sourire. Depuis, je me suis fait offrir son (très bel) album les beaux jours à venir. Pour définir son style, je dirai volontiers qu’il navigue entre une chanson à texte un peu dépressive à la Miossec (la voix éraillée n’est parfois pas très éloignée de celle du breton) et des arrangements musicaux à la Louise attaque. Mais Da Silva sait néanmoins conserver sa singularité et se montre d’ailleurs plus « énergique » sur scène en donnant à ses morceaux une tonalité plus « rock ». Une belle révélation, accompagnée par la prestation d’Ours en première partie, jeune chanteur « qui monte » et qui a fait, lui aussi, des progrès depuis que je l’ai découvert en première partie d’Aldebert (j’ai appris qu’il faisait d’ailleurs actuellement la première partie de Vanessa Paradis).

Le dernier concert de cette année 2007 marqua mes retrouvailles avec l’excellent groupe Luke (je les voyais pour la troisième fois). Plus je l’écoute et plus je trouve Les enfants de Saturne, leur dernier album, excellent. Sur scène, le groupe prouve qu’il est un petit frère plausible de Noir désir, en déployant une énergie assez époustouflante qui passe très bien dans les titres de ce dernier album (joué de manière intégrale sur scène) et lors des reprise des anciens « tubes » que nous eûmes le plaisir de réentendre (la sentinelle, Soledad, Hasta siempre…). Cerise sur le gâteau, le groupe rendit un bel hommage à Fred Chichin en reprenant le célébrissime C’est comme ça. Très belle soirée.

Pour conclure, je souhaite une excellente année aux trois, quatre égarés qui passent par ici et vous donne rendez-vous en 2008 pour de nouveaux concerts (rien de précis en ce moment même si je compte bien ne pas louper Dionysos en avril !)

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